Un livre qui se lit d’une
traite.
J’adore les romans qui nous attirent dès la première
page à le poursuivre dans son histoire et celui-là en fait
partie.
Le testament des
abeilles, de Natacha Calestrémé (chronique 2)
Umberto Eco a
utilisé le pendule de Foucault, Dan Brown, la Cène,
Natacha Calestrémé, elle, se sert de Terminator … Quoi ? Un film de
science-fiction dans un roman policier ?
Non, Terminator, l’autre ….
Les technologies, surnommées « terminator », sont des technologies utilisées
pour restreindre la réutilisation de plantes génétiquement modifiées, en
rendant les graines de seconde génération stériles.
À partir de cette
donnée scientifique, elle va construire une intrigue haletante oscillant entre
enquête policière et plaidoyer pour la planète, assortie de quelques
excellentes réflexions sur le rapport de l’homme à la nature.
Bien documentée,
elle sait nous intriguer et nous attirer dans la toile de son histoire, nous
poussant tour à tour à nous intéresser aux personnages, aux abeilles, aux
plantes, à la nature, aux prophéties, à l’Homme … obligeant les curieuses,
comme moi à aller plus loin pour essayer de se renseigner à leur tour, pour
voir si, finalement, ce qui est évoqué ne contient pas une part de vérité, même
toute petite ….
Le récit est varié,
alternant les passages où le personnage principal (un enquêteur : Clivel)
s’exprime en s’adressant de temps à autre aux lecteurs (« à vous, je peux le
dire … ») avec ceux, plus rares qui sont en mode narratif à la troisième
personne. Les apports scientifiques sont très astucieusement intégrés à
l’intrigue sans que jamais cela ne passe pour une démonstration ou un savoir
que l’on veut absolument glisser dans le texte.
La personnalité des protagonistes est fouillée, recherchée. Les indices
permettant de mieux les appréhender, distillés petit à petit. L’auteur ne
s’appesantit pas sur tel ou tel trait de caractère, mais fournit une étude de
chacun approfondie, assez complète et intéressante nous permettant de
comprendre non seulement le comportement des personnages, mais aussi leur
évolution dans la vie.
L’écriture est de
qualité, d’autant plus travaillée que, dans le roman, c’est un homme qui
s’exprime et que l’intrigue est écrite par une femme. Natacha Calestrémé a su
faire face à cette difficulté avec brio et s’est parfaitement glissée dans la
peau de Clivel.
Les phrases sont bien construites, certaines, très courtes, soient dépourvues
de verbes, le plus souvent pour insister sur une vérité biologique.
« Chacune des branches avait son propre génome. Un être pluriel. »
Les descriptions sont très visuelles et bien menées, nous permettant d’imaginer
sans peine les scènes évoquées.
Le vocabulaire plus scientifique ne fait jamais dans l’étalage et de ce fait le
propos reste captivant sans lasser.
Un des personnages
principaux de ce livre est donc Clivel. Un policier très humain, pas du tout
irréprochable (chez certains, c’est l’appel de la chair …. chez lui, c’est
celui du grain de peau …), tenace, prêt à tricher un peu pour obtenir de quoi
avancer dans ses recherches (en prenant des risques), n’ayant, malheureusement
pas réglé ses comptes avec un passé qui lui semble lourd à porter, ne sachant
pas toujours ce qu’il veut vraiment. Un homme qui se cherche, qui cherche … Un
homme attachant, tant il pourrait être un de nos familiers …
Il y a aussi cet
homme de l’ombre qui apparaît peu, communiquant avec un thérapeute consultant
par internet. Cet individu est un mystère, il se dévoile à peine un peu plus à
chaque entretien « en ligne » nous laissant sur notre « faim » et faisant
planer un sentiment de malaise … J’aurais souhaité que ces « causeries » soient
plus nombreuses, mais peut-être était-ce suffisant pour maintenir mon esprit en
alerte à chacune des interviews ? Qui sait, trop m’aurait peut-être lassée ?
Il ne faut pas que
le côté « sciences et nature » vous rebute et que vous ne tentiez pas
l’expérience de lire cet opus. Au contraire, c’est une réelle découverte. Tout
est dosé avec habileté pour que les amateurs de romans policiers restent « pris
» dans les tenailles de l’intrigue et que ceux qui auraient été intrigués par
le titre s’y retrouvent aussi …..
Cassiopée
Présentation de l'éditeur
Brusquement pris de démence, un homme sans histoire massacre sa famille
avant de se suicider ; les habitants d’un petit immeuble du XIIIe sont décimés
par un mal inexplicable… En quelques jours, une véritable hécatombe s’est
abattue sur Paris et 26 adultes et 15 enfants ont trouvé la mort. Aucun lien
apparent entre ces drames, sauf peut-être le dessin d’une fleur de lotus
(symbole de pureté), retrouvé chaque fois à proximité des lieux. Secte, terrorisme,
sadique, rien ne semble coller… jusqu’à ce que le major Yoann Clivel découvre
un texte prophétique, écrit quatre ans plus tôt par un certain « Moine aux
abeilles » et annonçant l’arrivée d’un élu : « L’année 1 du deuxième
millénaire, l’enfant éclairé de réponses croisera l’ombre, en une folie
meurtrière… ». Ce «testament» énigmatique servirait-il de fil conducteur à un
hypothétique assassin ?
Lolo