mercredi 27 juin 2012

Desmarais - La Dépossession tranquille



Résumé

Paul Desmarais est un personnage de légende au Québec depuis bientôt cinquante ans. Admiré ou détesté, il ne laisse personne indifférent. Originaire de Sudbury en Ontario, il est parvenu à bâtir un empire financier de classe mondiale, Power Corporation, à partir d'une petite entreprise familiale de transport par autobus. Très tôt, il a compris comment il pouvait développer ses affaires en tissant un solide réseau d'influence aux plus hauts niveaux politiques.

Paul Desmarais n'est pas un entrepreneur. C'est un prédateur, un loup qui a compris qu'il est beaucoup plus facile de convaincre le berger de lui ouvrir toutes grandes les portes de la bergerie que de chercher continuellement à déjouer sa surveillance. Son modèle d'affaires présente toutefois une faille majeure?: il repose essentiellement sur l'opposition systématique entre ses intérêts et l'intérêt collectif, ce qui en fait un archétype du capitalisme le plus détestable.

Cet ouvrage, rédigé à partir d'une cinquantaine de chroniques de l'auteur pour le site Vigile.net sur une période de deux ans, décrit, à partir d'une série de dossiers d'actualité, comment l'empire Desmarais est en train de déposséder les Québécois de leur patrimoine collectif. 


Commentaire personnel

Depuis le temps, j'ai lu plusieurs chroniques de Richard Le Hir sur Vigile.net. On peut dire que l'auteur est un fin connaisseur de ce prédateur qui cherche par tous les moyens d'empêcher les Québécois de devenir indépendants,  en s'emparant de leurs richesses naturelles et en mettant la main sur leurs institutions. N'oublions jamais que Paul Desmarais a déjà dit: « Si le Québec se sépare du Canada, ce sera ma fin ».

Cela étant dit, on retiendra après la lecture de ce bouquin que « la fin » personnelle de Paul Desmarais  a infiniment plus d'importance que celle du peuple québécois.  Bref un livre qui nous ramène au coeur de la politique canadienne et québécoise, car l'homme à lui seul a créé  un véritable système capable de faire et défaire des politiciens.  D'ailleurs seuls les politiciens à ses ordres survivront.

May West

mercredi 28 mars 2012

J. Edgar, Directeur du FBI - Scandales et dossiers secrets


John Edgar Hoover (1895 - 1972) fut le directeur emblématique du Federal Bureau of Investigation (FBI) pendant 48 ans.

Il est reconnu comme le créateur d’une agence chargée du maintien de la loi efficace, tout en étant accusé d’abus d’autorité, de chantage envers de multiples personnalités publiques, de persécution politique, et d’être corrompu par la mafia qui put ainsi se développer fortement sans crainte du FBI. 

Darwin Porter révèle dans cet ouvrage les dessous de la corruption, du pouvoir, et lève le voile sur les indiscrétions sexuelles et voyeuristes pratiquées par le FBI, les alliances avec la Mafia, les activités criminelles et les dossiers secrets sur la vie privée des stars d’Hollywood comme Marilyn Monroe, Eisenhower, Katharine Hepburn ou encore Martin Luther King Junior.

Axelle Demoulin (Traducteur)
L'avis des lecteurs
Broché
Paru le
 : 22 novembre 2011
ISBN
 : 978-2-361-64081-1
EAN
 : 9782361640811
Nb. de pages
: 203 pages
Poids
 : 280 g
Dimensions
 : 13,5cm x 21cm x 1,5cm

mercredi 1 février 2012

Comment mettre LA DROITE K.-O. en 15 arguments

À sa manière inimitable et dans la tradition du pamphlet politique, Jean-François Lisée confronte une quinzaine de mythes les plus employés par la droite économique pour tenter de saper le moral des Québécois.

Chaque (fausse) affirmation est prise de front et réfutée de façon convaincante, chiffres à l'appui. L'auteur offre par la suite une défense vibrante de la viabilité économique de l'État québécois, voire celle d'un Québec souverain.
 
Détails 

Titre exact : Comment mettre LA DROITE K.-O. en 15 arguments
Catégorie : Essais québécois
Date de parution : 23 janvier 2012
Éditeur : Stanké
ISBN : 9782760410985
Auteur : Lisée, Jean-François

***

Les Québécois sont-ils vraiment médiocres? Ni travailleurs ni productifs? Citoyens d'une province pauvre? Membres d'un peuple de quêteux? Tribaux et nombrilistes? Faux, archifaux, rétorque Jean-François Lisée. 

Je ne sais pas si vous aimeriez lire ce livre, mais personnellement j'y ai trouvé une sorte de potion (je n'irais jusqu'à dire  magique), mais qui fait du bien à l'estime de soi.  Une bouffée d'air frais et d'optimiste de temps de temps, vous ne trouvez pas que ça change des irréductibles porteurs de mauvaises nouvelles?  Toujours de droite justement?  

À peine 145 pages pour y apprendre à  respirer autrement, ça vaut la peine d'y mettre quelques heures, non?  

May 

mardi 10 janvier 2012

Jamie King: Théories conspirationnistes

Ce livre présente les théories conspirationnistes les plus connues : la grippe H1N1, les attentats du 11 septembre 2001, la mort suspecte de Lady Di, l'assassinat de John F. Kennedy, Michael Jackson. 

Mais aussi les automobiles anglaises,  les chemtrails, Donald Duck et l'impôt sur le revenu, les hélicoptères noirs, Jésus et Marie-Madeleine, l'or nazi, le pic pétrolier, Rennes-le-Château, etc. 


En tout 321 ...!!!


Armez-vous de bonnes lunettes.  C'est écrit en petits caractères.  Mais très intéressant. 


Écrit par Jamie King
Original Books2011

samedi 17 décembre 2011

Éric Laurent: La face cachée du pétrole

Ce que je lis depuis quelque temps n'intéressera pas beaucoup d'entre vous. J'ignore les raisons profondes de cet engouement, mais j'imagine que la situation mondiale actuelle et toutes ses ramifications et pourquoi pas, ses secrets, ses mensonges et ses manipulations, tout me pousse et m'amène à m'informer sur des sujets aussi arides, pour ne pas dire, abrupts. Et enfin à chercher à savoir pourquoi, on nous désinforme ou ne nous informe pas du tout  avec autant de frénésie. 


« Notre aveuglement est à la mesure de notre dépendance: total. Notre arrogance nous a poussés à l'oubli et à l'inconscience. Il a fallu 500 millions d'années pour que les gisements de pétrole se créent, et moins d'un siècle pour en arriver à leur épuisement. Depuis le début des années 80, la production annuelle du pétrole est environ le double des découvertes! De toutes les matières premières, le pétrole est celle qui aura connu l'existence la plus brève, alors que nous pensions que notre prospérité sans équivalent serait éternelle. Née avec le pétrole, cette prospérité disparaîtra avec elle. » p. 421

Aussi: http://www.vigile.net/La-face-cachee-du-petrole

Prochain bouquin:  Omissions et manipulations de la commission d'enquête sur le 11 Septembre écrit par David Ray Griffin. Je ne vous en dis pas plus. Restez à l'écoute!

lundi 28 novembre 2011

Caroline Moreno: Château de banlieue

Château de banlieue

Le roman Château de banlieue met en scène cinq itinérants lesquels, au fil du récit, se dévoilent tout en profitant du luxe d'un hiver au chaud.




Le roman que tout le monde s'arrache ! 




La première entrevue, d'une longue série  (100...!)  avec l'auteur

vendredi 4 novembre 2011

Dany Laferrière et L'art presque perdu de ne rien faire



Un nouveau Dany Laferrière fait son entrée en librairie vendredi : L'art presque perdu de ne rien faire. Publié chez Boréal, le livre contient des réflexions de l'auteur sur divers sujets, des petites choses qui peuplent le quotidien aux grands enjeux sociétaux.

Le livre est composé de plusieurs chroniques, dont le point de départ sont les collaborations estivales de l'auteur à l'émission C'est bien meilleur le matin. L'auteur les a retravaillées, assorties et imbriquées, pour que L'art presque perdu de ne rien faire prenne corps.

« Pour moi il ne s'agit pas de prendre une collection de chroniques, il faut faire un livre avec [elles] », estime l'auteur. Selon lui, il doit y avoir à la fois de la diversité et une unité de ton, puis un enjeu clair pour que l'ensemble se tienne.

« L'enjeu de ce livre pour moi, c'est de dire vraiment aux gens que de penser, c'est excitant, c'est amusant. Réfléchir, c'est vraiment un sport, c'est quelque chose d'extrêmement agréable et en même temps, ça nous libère de la bêtise quotidienne. » — Dany Laferrière

Ainsi, l'auteur propose ses réflexions sur le monde qui l'entoure; sur le temps, la mort, le corps, l'amour, le voyage, la guerre, le pouvoir, les écrivains, l'enfance, tout en s'arrêtant sur des sujets marquants de l'actualité.

Parmi eux il aborde, entre autres, l'élection de Barack Obama, l'intervention américaine en Irak ou encore le tremblement de terre au Japon. « C'est un mélange d'éclats biographiques et de réflexions », explique Dany Laferrière.

« Il faudrait remettre en activité cette chose magnifique qui est de réfléchir sans opiner. Juste le matin, on se lève dans son lit, et on rêvasse. On essaie de prendre un sujet qui nous a amenés quelque part hier, qu'on a entendu à la radio dans les journaux à la télé et de voir qu'est-ce que nous pensons donc de cela. Gratuitement, pas pour se précipiter sur le blogue ou appeler à la radio, dans les émissions. Juste pour soi. Je crois que ce serait une jolie prière du matin. » — Dany Laferrière 

***
Je n'ai pas lu encore, évidemment. Mais ... Noël s'en vient.

jeudi 20 octobre 2011

La face cachée du 11 septembre

Enfin! Comment peut-on mettre autant
de temps à lire une si menue brique de 254 pages?
Le syndrome Internet, voyons!  May
Présentation de l'éditeur


Pour la première fois un ouvrage dévoile les mensonges et les silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 septembre 2001. Un an d'enquête a conduit l'auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu'aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Bin Laden en Afghanistan. 
Pourquoi Ousama Bin Laden n'est-il toujours pas inculpé par les responsables américains pour les attentats du 11 septembre? 
Pourquoi la CIA, qui surveille en permanence les marchés financiers, n'a-t-elle pas détecté le plus grand délit d'initiés de l'histoire qui a précédé l'effondrement du WorldTrade Center? 
Quelle est la véritable identité des pirates de l'air ? 
La tragédie du 11 septembre n'a pas encore épuisé tous ses secrets inavouables...

Biographie de l'auteur


Eric Laurent est grand reporter et spécialiste de politique internationale. Enquêtant sur les intérêts secrets et le jeu caché des hommes de pouvoir, il est l'auteur de nombreux romans et documents à succès, notamment Un espion en exil ; Karl Marx avenue ; Hassan 11, la mémoire d'un roi ; La guerre du Kosovo ; Le grand mensonge. En 1990, le livre qu'il a co-écrit avec Pierre Salinger, La guerre du Golfe, s'est vendu à près de 200 000 exemplaires. 
En 1994, avec Marek Halter, il publie Les fous de la paix. En 2003 dans La guerre des Bush, traduit en 18 langues, il dévoile les stratégies inavouées de la guerre en Irak : intérêts financiers, poids des secrets familiaux, obsessions dangereuses... Il poursuit son enquête sur le président des Etats-Unis dans Le monde secret de Bush. 
L'année suivante paraît La face cachée du 11 septembre, fruit de ses recherches mais aussi de ses réflexions sur le terrorisme d'aujourd'hui. Vendu en France à plus de 100 000 exemplaires, il est également traduit dans de nombreux pays.
Auteur: Éric Laurent - Plon 2004
*** 
Commentaire d'un lecteur pris au hasard:  Ce livre est intéressant, et laisse entendre un certain nombre de liens entre intégristes, affairistes, agents du renseignement, financiers... Il a le mérite de démontrer la complexité du sujet mais laisse sur sa faim ('la face cachée du pétrole' du même auteur était bien plus documenté). La structure du livre  La structure du livre est désagréable, on passe d'une chose à une autre pour revenir à la première chose.

A lire, donc, pour les faits, mais en gardant quelques distances sur les conclusions (partiellement invaouées) de l'auteur

Justement, je récidive en lisant La face cachée du pétrole du même auteur. Donc, je vous reviendrai un de ces jours.  

vendredi 19 août 2011

Une petite entorse à la vérité

Je l’ai lu presque dans une soirée.
C’est pour vous dire que l’histoire m’a vraiment accrochée du début et surtout de la fin.
Lolo


Résumé

La transformation d’une gentille plouc en VIP des soirées new yorkaises.

Née de parents hippies, Valérie a vite compris qu’elle aimait la ville, les paillettes et la célébrité. Reléguée à la rubrique nécrologie d’un journal intello à la suite d’une histoire peu glorieuse (elle sortait avec le fils d’un sénateur qui, à la suite de leur rupture, lui a fait perdre sa réputation, son boulot, son loft), un mystérieux Cabeza lui explique qu’elle a commis une erreur dans l’une de ses nécrologies. Acceptant de le rencontrer, elle tombe sous son charme mais commence alors une série de mauvaises surprises…

Quatrième de couverture

« Pendant deux ans, j'avais été considérée comme une étoile montante du journalisme, débauchée à grands frais pour écrire des articles brillants dans la rubrique Style du journal. J'assistais alors à des galas fastueux, j'étais invitée à des soirées mondaines grouillant de célébrités, je foulais le tapis rouge des soirées de premières. J'avais accès aux coulisses de tous les événements les plus courus de la ville. Mais, à un moment, les choses avaient mal tourné, puis elles avaient empiré jusqu'à toucher le fond du fond. Au bout du compte, j'avais été mutée à la rubrique Nécro pour y finir mes jours au milieu des gratte-papier, des syndicalistes et autres fourmis sans identité. »

Valérie s'ennuie ferme depuis sa disgrâce jusqu'au jour où un appel énigmatique lui apprend qu'elle a commis une grave erreur dans la nécrologie d'un artiste très en vue. Alors qu'elle enquête dans le New York arty et branché de Soho, les ennuis commencent...

jeudi 4 août 2011

La Nuit des Princes Charmants

Tout à fait par hasard, en fouillant à la bibliothèque municipale cherchant les livres d’une auteure,  je tombe dans la section de Michel Tremblay.

Heureusement pour moi…

La nuit des Princes charmants manquait à ma culture. Un livre que j’ai lu, comme l’histoire d’un ami de 18 ans qui me raconte sa première grande nuit, de découchage, drôle et émouvant .

Je me retrouvais avec lui dans le Montréal by night homosexuel avec ses garçons très attachants.
J’ai adoré.

Lolo

***

Résumé

Amateur d’opéra, Jean-Marc, 18 ans, a beau fréquenter les parcs publics pour des rencontres furtives, il est toujours « seul homosexuel de [s]on groupe », et surtout puceau (p. 19). L’hiver étant peu propice aux « célébrations bucoliques à la belle étoile », il décide de jeter sa gourme à l’occasion d’une sortie à l’opéra sans ses parents. 

Il lui faut d’abord obtenir l’argent de sa mère, puis réserver sa place, et déjà repérer une proie parmi les aficionados qui réservent pour cette soirée unique consacrée à… Roméo et Juliette de Charles Gounod. 

Le grand soir arrive, qui va constituer tout le roman puisque le narrateur va rebondir d’Opéra en boîte, de boîte en bar, de bar en hôtel et d’hôtel en restaurant (l’after de l’époque), avant de rentrer —triomphant ou défait ? — au domicile familial, affronter sa mère au lendemain de ce premier découchage. 

Après un spectacle catastrophique qui donne lieu à des pages entières d’inénarrable critique, d’autant plus au vitriol que le héros se sent en décalage avec un public bourgeois venu se montrer, il rencontrera François Villeneuve, chansonnier de talent en qui il voit déjà le prince charmant rêvé, mais ricoche vite sur Alan, qu’il n’a pas su draguer à l’Opéra. François ou Alan ; Alan ou François ; aucun, ou les deux ? 

Jean-Marc n’est pas un romantique, et s’il manque dix fois renoncer et rentrer chez lui en boitant (il s’est cassé la figure sur la glace au début de son périple, en courant après François), son instinct le pousse à aller jusqu’au bout de cette nuit et de son désir. Alors, le perdra, ou le perdra pas, tabarnak, ce pucelage ?

mardi 2 août 2011

Double disparition

Double Disparition

Lorsque j’ai le goût de lire, je me tourne souvent vers les romans policiers.  Ceux-ci sont tellement prenants que je ne vois pas le temps passer.
J’aime lire pour me détendre et un bon bouquin de notre auteure québécoise Christine Brouillet me comble.

J’ai lu presque tous ses livres et cela depuis son tout premier, intitulé « Chère voisine », qui lui a valu le prix « Robert Cliche ». 

Le personnage principal de ses romans est détective et a pour nom Maud Graham.  Elle travaille pour la police de Québec.  Elle est spéciale.  Si vous voulez la connaître, lisez Christine Brouillet .

Comme l’auteure est une passionnée de cuisine et de bons vins, on retrouve souvent des allusions à des bons plats qu’elle prépare tout en y ajoutant le nom du vin qui l’accompagne le mieux. On retrouve le nom de bons restaurants de Québec et on se sent chez nous quand elle parle des rues et côtes qu’on a déjà visitées. C’est très sympa.

Dans Double disparition, l’enquête sera menée par Maud Graham à partir d’un centre commercial où une fillette a disparu. Enlevée? Peut-être.  La bande vidéo du centre montre des images inquiétantes. La mère de l’enfant est une ancienne camarade de classe de Graham…

Au même moment, à Rimouski, un jeune homme apprend qu’il n’est pas le fils bio de sa mère mourante.  Comment cela se peut-il?  Il part donc à la recherche de sa vraie mère…

Deux destins si éloignés mais si proches aussi…
Découvrez la vérité en même temps que Maud Graham.


L'Énigme du retour

Le 12 janvier 2010,  Dany Laferrière était dans son hôtel à Port-au-Prince lorsque le séisme a dévasté Haïti. Et ce n’est pas par hasard qu’il était là. Romancier récompensé à l'automne 2009 par le prix Médicis pour L'Enigme du retour (Grasset), Dany Laferrière faisait partie des écrivains invités au festival Étonnants Voyageurs en Haïti, qui devait avoir lieu à Port-au-Prince du 14 au 21 janvier.

Avant de lire  L’Énigme du retour , je n’avais jamais pris le temps de connaître davantage ce grand écrivain.  Pour moi, ce fut une heureuse découverte. J’y reviendrai, c'est certain. Mais en attendant, je vous le recommande si vous ne l’avez pas encore lu.

Résumé
Un jeune homme de vingt-trois ans a quitté son pays de façon précipitée. Un homme épuisé y retourne, trente-trois ans plus tard. Le jeune homme est passé de l'étouffante chaleur de Port-au-Prince à l'interminable hiver de Montréal. Du Sud au Nord. De la jeunesse à l'âge mûr. Entre ces deux pôles se trouve coincé le temps pourri de l'exil. Une nuit, un coup de fil lui apprend le décès de son père à New York. Ce père qu'il n'a pratiquement vu qu'en photo. 

Cet événement le fait quitter la baignoire pour prendre la route. D'abord n'importe où, vers le nord; comme un adieu à cet univers de glace qui l'a tenu au frais si longtemps. Puis à New York pour les funérailles de son père, que l'exil avait rendu fou. Il compte le ramener à son village natal de Barradères, dans le sud d'Haïti. Pas le corps, qui appartient au voyage. Plutôt l'esprit. Des funérailles sans cadavre. Et le voici à Port-au-Prince, où il se terre dans une chambre à l'hôtel, n'osant regarder cette ville qu'il a tant rêvée là-bas dans sa baignoire, à Montréal.
 
Si, dans Je suis un écrivain japonais, Dany Laferrière s'était donné pour but de vider le concept d'identité de tout son contenu, il poursuit ici l'objectif contraire. Qu'est-ce qui fait que nous venons indéniablement d'un lieu, d'une culture ? Pourquoi sommes-nous toujours le fils de notre père ? Un roman à la forme neuve, originale, qui mêle haïku et narration. Un livre grave, poétique, onirique, réaliste. Le livre d'un très grand écrivain.


ICI un interview qu’il a donné à son retour d’Haïti après le séisme.

vendredi 29 juillet 2011

La fille de joseph

Voilà un autre live de Louise Tremblay-D’Essiambre et ce n’est pas le dernier que je vais lire.

Cette auteure que je ne connaissais pas a permis à mon esprit de s’envoler dans ses histoires pendant la saison estivale.

Ce livre de 800 pages que j’ai lu avec avidité sur le bord de l’eau et sur le bord de la piscine en oubliant mon quotidien m’a amené dans un univers de femmes ou l’orgueil, la piété, et l’indépendance se manifestent avec beaucoup de conviction.

Je suis partante pour d’autres lectures de cette auteure. Je crois que tous ses romans ont un fond de vérité.

Lolo

***

LA FILLE DE JOSEPH
L'histoire se situe entre 1929 et 1955, époque où les femmes ont dû mener un dur combat pour se tailler une place au soleil.
Julie, marquée très jeune par le destin et les hommes, se réfugiera dans un cloître.
Devenue Soeur Marie-Joseph, elle tentera d'oublier son besoin d'amour et le mal qu'on lui a fait en nourrissant son ambition au fil des jours. Une ambition presque maladive qui, bientôt, gouvernera sa vie et son coeur.
Déjà tiraillée entre la dune où elle a grandi et sa soif de puissance, l'amour entré à pas feutrés dans sa vie viendra tout bouleverser. Julie saura-t-elle enfin ouvrir son coeur et connaître la bonheur?
Un roman imprégné du vent du large qui vous fera suivre le cours d'une histoire pleine de rebondissements où l'amour et la haine se côtoient et où le coeur et l'ambition se livrent une lutte sans merci.



jeudi 28 juillet 2011

Agota Kristof: Le grand cahier se referme

1935-2011

La romancière et dramaturge Agota Kristof est décédée hier à l'âge de 75 ans dans son appartement de Neuchâtel, fermant la boucle d'un parcours marqué au sceau de l'exil. L'auteur du Grand Cahier laisse derrière elle une œuvre empreinte de pessimisme, mais qui s'intéresse également à la résilience.

Après avoir dû réduire considérablement le nombre de ses apparitions publiques ces dernières années pour cause de maladie, la romancière n'a plus guère quitté son domicile jusqu'à sa mort, survenue dans la nuit de mardi à hier, a annoncé hier sa famille.

Auteure acclamée de la trilogie que constituent Le Grand Cahier, La Preuve et Le Troisième Mensonge, Agota Kristof naît en 1935 dans le village de Csikvand, en Hongrie, qu'elle fuit en 1956 avec son mari et sa fille de quatre mois — elle aura deux autres enfants — lorsque l'armée soviétique met un terme à la révolution des Conseils ouvriers. De ce déracinement vient le thème de la migration forcée qui parcourt son oeuvre.


Installée en Suisse, elle s'échine dans une usine tout en caressant le souhait de reprendre sa pratique littéraire dans sa langue d'adoption. Or, si elle apprend relativement vite à parler le français, Agota Kristof met dix ans de plus pour arriver à l'écrire. À ses poèmes en hongrois succèdent ainsi ses premières pièces de théâtre: 1972 voit la publication de John et Joe, et 1977, celle de La Clé de l'ascenseur, toutes deux écrites en français.


Dans son récit autobiographique L'Analphabète, un chapitre intitulé «Langues ennemies» illustre son ambivalence par rapport à cette langue nouvelle dont elle déclare qu'elle est «en train de tuer [sa] langue maternelle», comme le relevait Lise Gauvin dans Le Devoir en 2005.


Des débuts fracassants

mardi 26 juillet 2011

Le Temps d'une Chute

Encore un autre de mes romans d’été que j’ai bien aimé.

(À la prochaine du livre La fille de Joseph de Louise Tremblay-D’Essiambre)

Lolo


Résumé du livre

A quatorze ans, éblouie par la fluidité des matières et l'explosion des couleurs, déjà experte dans l'art de la coupe, Madelaine crée ses premières robes. Le siècle défile, inventions, destructions, restrictions, guerre, la mode s'emballe... L'après-guerre 'offre' Tadeusz - un rescapé des camps - à Madelaine. De leur union naît Lucie, et Madelaine créera pour elle quantité de modèles. Mais les vieux démons rôdent : pourquoi ne parvient-elle pas à toucher sa fille, à lui parler, à l'aimer ? Le couple se délite, Madelaine s'isole.

La critique [evene]    par Emilie Briand

Quoi de plus fabuleux, lorsqu’on est une femme et qu’on aime la mode, qu’un livre qui parle chiffons ? Claire Wolniewicz nous entraîne dans le sillage de Madelaine, son héroïne couturière, et nous plonge dans un univers qui déborde d’étoffes et de robes, de féminité et de création, de style, de dentelles et d’émancipation. 

Et où l’écrivain aurait-elle pu planter son décor, si ce n’est à Paris, capitale de la mode, de la créativité et des idées folles, une fois passées les années de privation et de guerre ? De petits ateliers de couture, où l’on croirait presque entendre le bruit des machines, en terrasses du bord de Seine ; de guinguettes rieuses en pompeuses soirées de défilés ; Madelaine virevolte, échoue, se relève, tombe amoureuse, imagine, dessine, coud, se réinvente, mène une existence de femme très indépendante et loin des standards de son siècle.

Ce petit roman, d’une qualité exquise et d’une précision surprenante, témoigne d’une maîtrise parfaite de l’univers de la couture et de son histoire. Les termes techniques, le nom de chaque tissu, les événements marquants, tout y est retranscrit avec une sensibilité et une finesse toutes féminines... 

Madelaine pourrait tout à fait être Gabrielle Chanel, cette incroyable Coco qui, en son temps, révolutionna le style des femmes, les libérant à la fois de leurs corsets et de leurs carcans ! Car on aurait tort de réduire le vêtement à sa seule fin utile... 

C’est probablement dans cette optique que ‘Le Temps d’une chute’ nous rappelle la complexité des symboles que reflétaient les tenues, et devient le témoin de tous les désirs de liberté qu’affichaient robes, tailleurs et pantalons à une époque beaucoup moins libertaire que la nôtre. Très juste, bien documenté, aérien et vivant, cet ouvrage est un véritable voyage dans le temps !